Regards d'Afrique

Catégorie : Le CNA

Quota de diversités.

mercredi 1 mars 2006

Rosalie N'Dah, en plus de mener l'équipe du CNA à Natitingou, c'est une arbitre internationale qui possède son propre salon de coiffure, le Salon des Etoiles.

les coiffeuses du salon des Etoiles à Natitingou répètent un ballet traditionnel / photo Antoine Doyen

Justement, hier soir, ses assistantes répétaient pour un petit ballet qu'elles donneront à l'occasion de leur remise de diplôme (le 18 mars). L'occasion pour moi de casser un peu le rythme des projections et de voir quelque chose de différent. Rosalie voulait quelques photos, alors pourquoi pas ?

C'était amusant de voir cela. Je retrouvais un peu l'ambiance des danses traditionnelles de bienvenues que les gamins présentaient à Valerio lorsque que nous arrivions dans les écoles de Ouidah. Et ça m'amusait tout autant parce que je devais régler mon appareil en fonction de la lumière du jour qui déclinait... Bref, les jeunes danseuses et chanteuses se regardaient les unes les autres pour savoir quoi faire, pendant que Rosalie exhortait ses troupes à se concentrer sur leurs propres pas. Sympathique petit moment.

Et puis aujourd'hui, je remange ! Pas comme un ogre, mais j'ai presque fini mon assiette à midi, ce qui est cool. Et puis le soir, aussi. Cool, également. Ce qui est moins "cool", c'est le climat, qui lui se réchauffe... A mon arrivée, les nuits étaient encore... "cool". Plus maintenant. So uncool...

Santé.

mardi 28 février 2006

uste histoire de publier une petite image, aujourd’hui, parce que si je vous raconte ma journée d’hier, vous aurez l’impression de m’avoir déjà lu et vous aurez raison.

Les enfants installent les chaises et les bancs pour la projection du cinéma numérique ambulant / photo antoine doyen

Rubrique santé ? Je n’ai encore jamais été malade en Afrique. Une petite blessure stupide à mon arrivée à Bamako, et puis le ventre un peu retourné à une ou deux reprises... Rien de très fou. Mais la chaleur arrive à Natitingou, enfin disons qu’il fait de plus en plus chaud, y compris la nuit, c’était pas le cas les premiers jours. Moi, à midi, j’arrive plus trop à manger, fait trop chaud, je crois. Une certaine lassitude de la cuisine africaine aussi. En fait, je comprends de mieux en mieux ce vilain trait de caractère : je me lasse vite. Où que j’aille, j’éprouve très vite l’envie de bouger, de changer d’activité. Difficile, par exemple, de lire un bouquin d’une traite, mais si je suis « dedans » !

Là, c’est pareil. Je n’ai plus vraiment d’appétit, j’ai hâte de retrouver mes petites habitudes culinaires françaises. Trop de piment, ici ! Non, surtout, je crois que cette histoire manquée, ne pas aller au Nigeria... je rumine un peu, c’est comme si je passais une semaine de trop ici. C’est stupide, comme état d’esprit, puisque, ici, l’ambiance est vraiment sympathique : Zac’ qui me prête sa moto, Rosalie qui me demande tous les jours si ça va parce que j’avais un gros rhume en arrivant... Et moi qui fais le difficile... tss.

Moi, la neige me manque.

dimanche 26 février 2006

Inoussa est persuadé qu'il ne pourrait pas survivre à la neige. Mais en fait, je crois qu'il oublie un peu qu'en France, on enfile les anoraks bien avant les premiers flocons. Eh ! oui, "nous" aussi, on se les gèle, quand les nuits sont fraîches en Afrique.

Cabaret Le Relais, à Natitingou, où l'on sert la bière de mil dans une calebasse / photo Antoine Doyen

Aujourd'hui, je découvre que la chaleur vous cloue au lit si vous ne vous levez pas au bon moment. Réveillé sur les coups de neuf heure, je me laisse traîner, vilaine erreur ! je n'émergerai qu'à midi. Comme il n'y a ni gaz, ni charbon à la maison du CNA, je file chez les voisins d'en face comme les trois jours précédents, et je fais chauffer l'eau de mon thé.

Et puis, très lentement encore, Zacharie qui débarque, évidemment bien plus tard qu'à l'heure prévue, je lui vole sa moto, file au "cyber", reçois quelques mails qui me rappellent qu'à mon retour, je ne vais guère me tourner les pouces... La socio, l'expo à Bruxelles, etc., et bien sûr le développement de mes films. Et puis il y a Fred sur MSN, on échange quelques conneries et puis j'essaie d'aller manger au petit maquis de presqu'en face, la Grignote. Malheureusement, je ne tiens plus vraiment la nourriture épicée et ça me coupe l'appétit. J'ai terriblement hâte de retrouver mes petits émincés de volaille à la crème... C'est pas faute de m'être accroché à l'assiette mais voilà, j'ai assez peu mangé. Pourvu que je ne maigrisse pas trop. D'autant qu'avec les projos du CNA, j'ai tendance à ne pas manger le soir. En revanche, je m'arrange pour avaler des fruits régulièrement.

Et après ? Zacharie devait passer à 16h pour qu'on aille aux chutes de Kota mais bien sûr... Je m'attelle donc, comme prévu, à la retranscription de l'interview de Ouedraogo, pas toujours aisé à suivre (mais j'ai terminé le soir). Et puis Inoussa qui m'appelle, il m'emmène alors faire un petit tour dans Nati, c'est moi qui conduis la moto, il me montre deux, trois petits coins sympa, la nuit tombe et il me fait goûter la bière de mil au Cabaret Le Relais, dans le quartier de la Zone sûre, j'apprends qu'il a 25 ans et pas 30, qu'il n'a pas six enfants, qu'il blaguait la dernière fois mais moi, je m'endors à moitié dans la torpeur de l'endroit. Et je me dis que c'est loupé pour le Nigeria, que ma copine me manque un minimum, bref on est à J-7 avant le retour. Dois-je me réjouir ? Bientôt l'heure du bilan...

Capture d'écran.

samedi 25 février 2006

Forcément, avec un reportage sur le CNA, on a envie de photographier l'animation qui règne autour de la toile.

L'équipe du CNA attend le coucher du soleil pour démarrer la projection dans le village de Kounadorgou / photo Antoine Doyen

Sans aucune autre lumière que celle qui vient de l'écran, ce n'est pas simple, le flash doit servir. Et moi, je n'aime pas le flash. Surtout parce que je ne sais pas bien l'utiliser, faut bien le dire : qu'est-ce que ça m'ennuie ! Ou plutôt : je n'arrive pas à le rendre discret dans l'image, j'ai beaucoup de mal pour cela, et j'ai un peu peur de ce que je vais retrouver sur mes négatifs en rentrant. On verra ! De toute façon, j'ai essayé plusieurs trucs qui, a priori, doivent convenir.

En tout cas, l'accueil que réservait hier le village de Kounadorgou à l'équipe du CNA était très sympathique, ils avaient prévu de quoi manger. Et ils mangent épicé... Il y avait de la pâte de mil, décidément je n'en suis pas friand mais bon, ça se mange !

Et dans la journée ? Pas grand chose ! Juste le temps de me rendre compte que j'avais intérêt à bien serrer ma bourse devenue maigrelette, et puis ensuite : retranscription de l'entretien que j'ai eu avec Idrissa Ouedraogo. Cassons le suspens : oui, cet après-midi, aussi, je vais m'y atteler... à moins qu'on ne file avec Zacharie aux chutes de Kota ? Non, demain ? Et une petite excursion chez les Sombas ? Il m'a parlé de tout cela, on verra !

"Bonne arrivée !"

vendredi 24 février 2006

Nouvelle journée avec le CNA. Pas grand-chose à noter, journée simple, un petit moment sur un Internet franchement lent – la connexion a du mal, ces derniers temps –, et puis repas au Gbedoutin, maquis tout ce qu'il y a de plus simple. Et toujours ce plaisir de commander un coca de 60 cl. !

les enfants s'agitent autour de l'équipe du Cinéma Numérique Ambulant / photo Antoine Doyen

Il est déjà bien 14 ou 15h, je croise alors le technicien, Inoussa, qui me conseille pour acheter des ananas et rapporter un pack d'eau à la maison. On traîne ensuite chez Marie, qui regardait avec son mari ce film avec Vincent Cassel, Monica Bellucci, André Dussolier... de l'espionnage. Et puisque je dis que j'apprécie les films d'espionnage, je découvre alors la première moitié de M. & Mme Smith, avec Brad Pitt et Angelina Jolie – décidément, les films d'espionnage avec couple ont la côte. Le film démarrait pas si mal mais ça devient vite insupportable, invraisemblable et pas très bien ficelé. Dommage.

Et la projection du soir ? Ah ! Là, l'accueil change, on sent tout de suite que le film est attendu. Ce soir, ce sera Guimba, un tyran, une époque, celui-là même que j'avais découvert à Ségou dans de pitoyables conditions. Force est de constater qu'on comprend tout de suite mieux l'histoire quand on peut identifier les acteurs.

Pendant ce temps, j'en bave toujours pour saisir l'ambiance du CNA. La lumière tombe vite et pour faire quelque chose à 320 iso quand la seule source de lumière devient très vite un écran de projection, il faut sortir le flash. J'ai ce qu'il faut (un bon flash et un câble TTL) mais je ne suis pas un cador dans la discipline : le flash c'est pas vraiment mon truc. Alors j'essaie deux, trois choses, je teste l'effet que ça donne avec le numérique et puis je tente le coup avec le F5. On verra au développement... J-10. Eh oui. Les jours passent.

Et le Nigeria ? Je ne sais plus si je l'écrivais ici ou dans un mail à ma chérie – ou les deux ! – mais, pour le Nigeria, c'est mal barré. D'un côté, je suis un peu court en argent, je savais que j'étais serré, ça se confirme. Et d'autre part, je n'ai pas eu de nouvelles du consulat français. Je préfère donc reporter le voyage, ça vaut sans doute mieux. Mais je me tiens prêt à un changement de dernière minute !

"Une fois là-bas, ils se moquent de nous."

jeudi 23 février 2006

Un jeune qui me demande d'où je viens, ce que je fais, s'il pourra voir les vues une fois que je les aurais lavées.

Le Cinéma Numérique Ambulant s'installe de le village de Tchakalakou le temps d'une soirée de film / photo Antoine Doyen

C'était hier dans le village de Tchakalakou (Bénin) juste avant la projection du Cinéma Numérique Ambulant. Son nom, c'est Dominique, il suit des cours de quatrième, je lui dis qu'il faut continuer, il me répond : "ils nous manquent les documents". Quant à aller en ville pour étudier... Si l'on n'y connaît personne, c'est foutu.

Ce soir, difficile de faire des photos : je ne trouve pas comment échapper à la nuée d'enfants qui veulent se placer devant l'objectif ! J'aurais fait pareil : dans le village, pas d'eau courante - mais une pompe, tout de même -, pas d'électricité, pas de télé, pas vraiment d'appareil photo... Si, Dominique en a un, un petit blanc. Bref, avec mon F5 et le flash, j'ai peut-être l'air d'un extraterrestre... ou d'un blanc. Forcément.

Ça se tasse un peu, celui qui me dit être le chef ici, un peu fou mais pourquoi pas ! trouve cependant opportun de se frotter le pouce et l'index... forcément il veut de l'argent. Il peut rêver. D'autant qu'on ne peut guère dire qu'il y mette les formes...

C'est la troisième projection ici et le principe du CNA est le suivant : l'équipe amène une animation mais, en échange, les villageois doivent apporter de l'eau, de quoi installer le matériel (table d'école, etc.) et, éventuellement, nourrir l'équipe. Ici, rien de cela, ou à contre-coeur, a-t-on l'impression : Inoussa s'est laissé entendre que pour les habitants du village, le CNA, ce n'est pas du "manger", que ça ne leur est pas indispensable. Pourtant, le public était nombreux, et les enfants n'avaient pas l'air malheureux de voir l'écran s'animer !

"Ils ne voient pas la valeur de ce qu'on fait". Inoussa, toujours, Zacharie, aussi, est d'accord : si le village n'a pas envie de les voir revenir eh bien ! ils ne reviendront pas...

Au cinéma ce soir (avec le CNA).

mercredi 22 février 2006

Parti de Ouaga à 8h du matin, je suis arrivé à Natitingou, au Bénin, vers 16h30 (+1h par rapport au Burkina Faso). Chaude journée, forcément, dès que le bus s'arrêtait, l'air aussi, et là, on cuisait.

Projection du CNA de Natitingou dans le village de Kouandata / photo Antoine Doyen

Content d'être arrivé, je retrouve l'équipe du CNA telle que je l'avais laissée, l'an dernier : toujours aussi dynamique (Rosalie), folklorique et grande gueule (Zacharie) ou... calme (Inoussa et Marie). Malgré la petite fatigue de la journée, un petit mal de gorge qui m'énerve – bravo la clim' du cyber... – et même un nez un bouché, décidément ! je les accompagne. J'oublie de prendre de l'eau mais je prends mon mal en patience en regardant Bal Poussière, de l'ivoirien Henri Duparc (il s'occupe également de la série Moussa le Taximan, travail de sensibilisation).

Pendant ce temps, toujours pas de nouvelles du Nigeria. Il y a quelques temps, le responsable audiovisuel m'a dit qu'il pouvait m'aider, ce qui ne pouvait que m'arranger, étant donnés mes moyens particulièrement faibles. Malheureusement, je ne sais pas s'il peut prendre en charge le logement, ou seulement aller me chercher à Cotonou... Bref, c'est le flou. Bien sûr, il y a les contacts de Manu Hartsuyker mais je dois avouer que je n'ai plus les moyens de tout payer. Alors, le Nigeria, ce sera peut-être pour la prochaine fois... le jour où je gagnerai suffisamment ma vie pour ce genre de périple. On va faire aller ! à suivre. Au cinéma ce soir.

Changement de programme !

mardi 8 mars 2005

Hier soir, arrivée à Natitingou. Quitter Ouaga, bien chaud, pour retrouver le petit vent frais des soirées béninoises, ça fait du bien ! Pour vous dire : l'eau qui restait dans la bouteille aurait pu me servir à faire un thé ! Et je ne rigole qu'à moitié...

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