Regards d'Afrique

Catégorie : Mali / tournage de Faro

La ruée vers l'or.

vendredi 17 février 2006

Boubakar Diallo est de ceux qui construisent la rentabilité à venir des films africains en salle. Son but ? Réussir à s'affranchir un maximum des guichets "traditionnels" du financement cinématographique en Afrique (l'Europe, le Ministère Français des Affaires Etrangères...), tout comme Idrissa Ouedraogo tente de le faire au travers de sa société NDK. L'idée ? Tourner plus souvent - budget plus rapide à boucler - et donner un ton résolument "africain" aux films ainsi produits.

Tournage de l'or des Younga, le nouveau film de Boubakar Diallo, à Ouagadougou, avec Mathias Bayili dans le rôle du prêtre

Ce matin, j'ai assisté au second jour de tournage de L'or des Younga, la nouvelle prod' des Films du Dromadaire. Une énergie vivifiante au sein de l'équipe, une vraie envie de mener à bien un projet collectif. Malgré le vent poussiéreux qui s'est levé sur Ouaga et a empêché l'équipe de se rendre en brousse, la bonne humeur était au rendez-vous !

N'empêche, comme le dit si souvent Lise-Marie, j'étais justement une petite souris dans le tournage et j'ai regardé un peu comment ça se passait, concrètement et surtout : techniquement. Là, mon esprit revient au galops : c'est pas toujours

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Aujourd'hui c'est poisson.

mercredi 1 février 2006

J'ai toujours eu un faible pour le poisson.

préparation du poisson dans le village malien de Sékoro / photo Antoine Doyen

De toute façon, une fois que c'est bien cuit...

Un coup de fil et c'est réglé ?

mercredi 1 février 2006

Evidemment, pas toujours... ce serait trop facile.

Bilal emprunte le téléphone de son père / photo Antoine Doyen

Pendant que Papou me dégote une piaule sur Ségou dans sa famille et qu'Abdou, costumier et acteur sur Faro, la Reine des Eaux, téléphone à son ami Magan pour me trouver un lit à Ouagadougou, rien ne va plus à Paris.

La distance n'aide jamais les couples. On a beau s'aimer tout ce qu'on veut, rien n'y fait : les vieilles histoires ressortent, on se sent seul. Ici, j'ai vécu quelques journées pas drôles du tout, si vous avez lu les précédents posts, vous savez de quoi je parle. Et puis, hier dans la journée, ça s'est un peu arrangé. Il fait beau et sur le tournage de Salif Traoré, les gens sont tout de même sympas pour la plupart. A Paris, il fait 2 degré et 50 m2 c'est un peu grand quand on est seule. Lise-Marie est seule, et la distance met pas mal de friture dans la ligne, ça sent le roussi et c'est pas bon. Quand votre petite amie broie elle-aussi du noir mais que ça se passe à 6h d'avion, la consolation ne se met pas en place facilement.

Il reste un mois et c'est pas simple. Moi-même, malgré l'agitation du film, je me sens souvent seul, juste parce qu'elle n'est pas là. Elle n'a pas cette agitation filmesque, là-bas.

J'adore l'art du blog mais je ne m'étendrais pas sur cette histoire ici. Mais si vous avez vécu l'amour à distance, vos conseils sont les bienvenues ! Comment ajuster deux états d'esprit qui se trouvent à 4.158 km l'un de l'autre ? Comment "casser" les jalousies et les prises de tête inutiles ? Comment se concentrer à nouveau sur les choses vraiment importantes ? Comment partir / être loin sans blesser celle qu'on aime ?

Je me demande si ce n'est pas un peu indiscret d'évoquer tout cela sur cette page... mais je ne plus à quels saints me vouer.

Difficile de faire comprendre le rythme de l'Afrique. Une sorte de langueur, et de vraies difficultés à communiquer par téléphone, ne fût-ce qu'au niveau du prix. 5000 cfa pour parler même pas 10 minutes...

Décidément je n'ai pas de bol.

mercredi 1 février 2006

Du Burkina Faso au Nigeria , j'ai l'impression que ça chauffe un peu.

Village de Sekoro au Mali / photo Antoine Doyen

Mais ça va aller ! Y compris au Nigeria, puisque je ne me rends qu'à Lagos. Il y a d'autres risques là-bas, mais je serai suffisamment encadré pour les éviter.

Extraball.

lundi 30 janvier 2006

Je dois vraiment avoir une tête de bille, je ne vois pas comment ce serait possible autrement.

un gamin dans les rues de Sékoro

Rappel : Maurice Kaboré a un ami, Salif Traoré. Ce dernier tourne son film en ce moment à Sékoro. Cela fait quelques mois que j’ai fait part à Maurice de mon désir de me rendre sur un tournage de film africain, tout s’est accéléré quand il m’a dit que je pourrai me rendre sur celui de son ami qui a lieu près de Ségou (Mali). L’idée ? Je fais mon reportage sur le cinéma africain tout en étant photographe de plateau. Je téléphone même au réalisateur à la mi-décembre.

Là, ça va se gâter mais je ne le saurai qu’hier soir. Salif – le réalisateur, pour ceux qui ne suivent pas – me dit qu’il va voir avec

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Curiosité et ennui.

samedi 28 janvier 2006

Rythme.

Vendredi, j’ai posé deux, trois questions au producteur français qui a pu m’expliquer rapidement que le logement en ville des techniciens canadiens était dû aux exigences professionnelles en vigueur au Canada. Voilà qui est réglé. N’empêche, je vais tout de même prêter attention aux rapports entre les Africains et les Occidentaux (repas, rapports hiérarchiques…). Ce n’est pas forcément idiot puisque mon étude sociologique du cinéma en Afrique repose à certains égards sur les différences observables ou non entre ce cinéma et son pendant européen en particulier.

Ola, coiffeur nigérian, rase le crâne d'Abderhamane Somé, cadreur à l'Office de Radio-Télévision du Mali / photo Antoine Doyen

Journée lente, je ne sais même plus ce que j’ai fait. J’ai écouté de la musique, j’ai parlé en buvant le thé vert, j’ai fait la sieste – je ne suis même plus sûr ! –, j’ai aidé Racine Keïta – c’est le photographe malien – à comprendre son appareil numérique, un Sony Cybershot, un ‘’bridge’’ qui doit pas mal le limiter. Cela fait quelque temps qu’il est photographe mais il ne comprenait pas du tout les différences entre tif, raw, jpeg… etc. En Afrique, je suis étonné que les photographes professionnels n’aient pas accès à l’information technique. Je crois que les marques s’en cognent, persuadée que, de toute façon, ils n’achèteront pas les boîtiers chers. C’est sans doute un peu vrai, mais j’étais gêné de

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Second round.

jeudi 26 janvier 2006

J’ai bien crû que je n’aurais pas Internet ici, à Ségou, mais nous logeons au sein de l’école de textile Ecitex qui possède une jolie salle info bardée de Dell flambant neufs. Bon, il y en a 5, 6 mais ça marche et tant mieux. Faudra que je voie si je peux me connecter directement avec mon matériel, oui, je suis un geek.

Mercredi, je prends le bus. On me conseille ‘’Bani Transport’’. Tout le monde me dit que c’est la meilleure, le Guide du Routard n’est pas d’accord et des fois je me demande s’ils vont vraiment sur le terrain, ces gens-là. Je croyais qu’il y aurait un bus pour 15h mais finalement, je vais attendre jusque 16h30. Le soleil est un peu chaud, mais le pire est à venir – 38° pour samedi – alors je prends les choses calmement et j’en profite pour discuter avec quelques Maliens. Un jus de bissap frais et voilà la conversation engagée ! Y’a foot, c’est un peu la folie dans

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