Comme je n'en ai pas parlé la dernière fois, autant le faire maintenant !
Lors du Festival Lumières d'Afrique à Besançon, j'ai rencontré Maurice Kaboré, réalisateur burkinabé.
Après qu'il eût présenté Kabala, de son compatriote Assane Kouyaté, il a donné son point de vue sur le cinéma africain.
Pas de distribution des films africains en Afrique – ou peu – et, évidemment, une production relativement faible. Surtout, un des problèmes pour l'identité du cinéma africain, selon lui, c'est que ce dernier est surtout financé par des fonds européens, le CNC ou la Francophonie ! Les fonds proprement africains sont rares, même si l'on pourrait penser au cinéma nigérian – un cas à part.
Le problème commence à la source, puisqu'il manque des écoles de cinéma en Afrique. Je ne sais plus s'il avait connaissance de l'initiative de Valerio Truffa (son école a ouvert en octobre 2004), mais le fait est que, depuis 1985, l'offre était pauvre. Cette année-là a fermé une école de cinéma située à Ouaga, qui était parrainée par l'UNESCO. Ainsi, aujourd'hui, seule sont faites des propositions privées.
A mon humble avis, il reste donc encore beaucoup à faire pour que le cinéma africain ait la représentation, ou plutôt la distribution qu'il mérite ! Et pour cela, la formation en Afrique doit se développer, sans quoi les films africains seront encore trop souvent sous l'influence d'idées proprement européennes.