REFERENDUM OU COMMENT LE PEUPLE ABANDONNE SES LIBERTES

S’il existe vraiment un symbole de démocratie dans le monde, c’est bien le référendum. Cette élection dans laquelle le peuple décide de la nouvelle orientation que doit prendre son pays. J’insiste bien sur l’expression « symbole de démocratie ». Pourquoi ? Parce qu’à mon sens, la démocratie telle qu’elle est appliquée dans certains pays est surfaite. Quand on vote des gens, qui vont voter des lois sans qu’on ait la possibilité d’en dire quoi que ce soit, je n’appelle pas cela une liberté. Quand on vote des gens qui par exemple, ne connaissent rien à la médecine, à l’agriculture et j’en passe mais qui votent des réformes sur des domaines d’activité sans même consulter les professionnels du secteur, je n’appelle pas cela une liberté. Quand on vote des gens qui sont absents du parlement et qui vote des lois à dix alors qu’on en a élu des centaines, je n’appelle pas cela de la démocratie.

Le référendum est donc ce moment privilégié dans lequel le peuple  a le droit de donner son avis. Ce moment où il peut lui-même changer les choses sans avoir à compter sur la compétence ou l’incompétence d’un élu.

Cependant, lors des campagnes avant le référendum, on tombe dans les mêmes pièges que ceux des campagnes électorales. Encore à ces moments, on choisit des hommes et non des idées. On choisit des hommes et non notre volonté. Le charisme de nos leaders nous amène à voter souvent contre nous, contre notre pays, contre nos libertés, contre une probable chance de lutter contre notre pauvreté. Quand je vous dis que la démocratie n’existe pas, ce n’est pas parce que je suis un « complotiste », mais c’est bien parce que nous ne savons pas l’appliquer. Nous vivons dans une illusion.

Vous rendez-vous compte que dans certains cas, comme en Turquie, le peuple décide lui-même de donner les pleins pouvoirs à son président.

Vous rendez-vous compte qu’en Côte d’Ivoire, pays qui a besoin d’argent pour ses hôpitaux, ses universités, ses écoles, le peuple qui est pauvre donne lui-même l’accord à son président de doter le pays d’un sénat alors que son parlement est incompétent.

Vous rendez-vous compte qu’après des décennies de gouvernance qui n’ont apporté aucun bénéfice aux congolais de Brazzaville, ces derniers donnent la possibilité à leur président de rester au pouvoir à vie.

La question n’est pas de savoir si nos présidents sont de bons présidents ou pas, mais de savoir jusqu’où nous sommes prêts à aller pour faire plaisir à nos leaders.

Quand le peuple renonce à son bien-être au profit de celui de ses leaders, pourquoi se plaint-il encore de la dégradation de son niveau de vie. Peut-on aimer un président et ne pas voter ce qu’il nous dit de voter lors d’un référendum si on sait que cela n’est pas bon pour nous ? Peut-on faire partir d’un parti politique et ne pas suivre l’orientation que choisit le leader lors d’un référendum quand on n’y croit pas ?

 

Néanmoins est-ce seulement la faute du peuple ? Loin de moi l’idée de parler comme les anti-systèmes, mais le système se prête au jeu. Les médias ne nous permettent pas souvent d’avoir une vision et une explication éclairées sur les sujets des référendums. Le matraquage médiatique est tel que nous choisissons de voter oui ou non, non pas parce que nous y croyons mais parce qu’on se laisse avoir par ce qui est dit à la télévision. On joue sur les peurs. On joue sur l’ignorance. On joue sur la stigmatisation et la marginalisation des uns ou des autres. Ce qui finit par créer des clivages. Et finalement, on finit par voter contre un camp et non pour des idées, pour nos idées.

Dans ces médias, on ne dit pas tout, mais on utilise des titres chocs. Selon la volonté des présidents ou des puissances médiatiques quand elles sont indépendantes, on n’a pas autant de temps d’écoute pour le oui et pour le non. Oui, on nous pousse souvent à faire des choix.

Vous me prendrez peut-être pour un utopiste, mais je crois que les campagnes pour un référendum ne devraient pas être menées comme les campagnes électorales. On devrait nous expliquer les choses sans avoir même à faire des débats. Pourquoi ? Parce que dans les débats, le but n’est pas de démontrer qu’on a raison mais de démontrer que l’autre a tort. Quand vous avez un homme éloquent qui dit que du faux devant un autre qui dit du vrai et qui ne sait pas bien s’expliquer, vous choisissez la personne qui a de l’éloquence. On devrait nous expliquer les avantages et inconvénients des différents choix en étant moins passionnés et plus objectifs.

 

Bref les gens, prenez les rennes de votre liberté.

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