Hana Diarrassouba: l’étudiante activiste, co-fondatrice de LeadHer et membre influent de civbusinesstimes.com

Bonjour Madame Diarrassouba, pouvez-vous vous présentez à nos lecteurs ?

Je suis Hana Malika Diarrassouba, jeune ivoirienne de 20 ans. Après mon Baccalauréat littéraire il y a 3 ans, j’ai quitté la Côte d’Ivoire pour poursuivre mes études supérieures en France où je suis actuellement étudiante en Master 1, Communication, Médias et Industries créatives, à Sciences Po Paris. Passionnée de politique et de communication, je suis avant tout une personne engagée qui tente de contribuer, à sa petite échelle à l’évolution des choses sur son continent et dans son pays.

Vous êtes étudiante à Sciences Po paris. Sciences Po Paris qui je le rappelle est une éminente école qui a vu passer des personnalités telles que François Mitterrand, Paul Biya, Emmanuel Macron… qu’est-ce qu’on ressent quand on étudie dans cette école, surtout quand on est une jeune Africaine ?

Je vous assure que lorsque je passais le concours d’entrée à Sciences Po, je ne réalisais pas ce que se serait que d’être à Sciences Po Paris. C’est un monde qu’on observe de loin et qui justement parait très loin. J’ai compris que j’étais vraiment dans cette école lors de ma rentrée solennelle en 2014, l’intervenant était Valéry Giscard d’Estaing, VGE, lui-même.

En tant que jeune africaine, c’est bien sûr une grande fierté et une chance d’avoir intégré cette école qui pendant des années a formé l’élite politique française. On approche des personnes qu’on ne pensait jusque-là, seulement voir à la télévision, on a des opportunités uniques. Cela a demandé beaucoup de sacrifices et de travail, d’ailleurs ça en demande encore énormément, mais il y a une motivation et une détermination qui nous pousse. Pour moi, c’est l’amour de mon continent, de mon pays et la détermination de devenir un jour un acteur majeur là-bas. Paul Biya, Hissène Habré ou Alpha Condé ne sont probablement pas les alumnis africains dont on se vante le plus (rires). Toutefois, Sciences Po a formé de grandes personnalités, Emmanuel Macron, Jacques Chirac, Simone Veil… On pourrait en citer encore. On ressent donc une certaine fierté qui nous pousse à travailler sans relâche et relever les défis afin de réussir.

Je viens tout de suite de citer un président africain qui a été dans cette école et qui fait aujourd’hui le record de longévité à la tête d’un pays qui est profondément plongé dans la pauvreté. Vu le décalage qu’il y a entre la gouvernance française et celle des pays africains francophones, pensez-vous que l’on peut appliquer les pratiques et théories enseignées dans cette école dans l’univers Africain ?

Comme je disais, tous les alumnis africains ne sont pas forcément des exemples dont on se vante. Sciences Po nous apporte une culture générale, un esprit critique et un esprit d’analyse lors du premier cycle, puis nous permet de nous spécialiser dans divers domaines au second cycle. Ce n’est pas une formation sur « Comment devenir Président », ou « Comment être un bon Président ». Donc effectivement, on peut sortir de Sciences Po et être un très mauvais président tant en France, qu’en Afrique ou ailleurs.

Je dis aussi toujours que l’on n’applique pas à la lettre ce que l’on apprend à l’école ou à l’université. Il faut savoir adapter ses connaissances aux cas précis sur lesquels on a à travailler. Ainsi, ce que l’on apprend à Sciences Po est parfaitement applicable à l’univers politique africain, dès lors qu’on adapte ce savoir à l’environnement africain.

Enfin, Depuis quelques années Sciences Po a ouvert le programme Europe Afrique dispensant les principaux cours suivis par tous les étudiants de Sciences Po (sciences sociales, droit, histoire…), et des cours sur la Géopolitique africaine, la santé, le droit, l’économie et différentes autres problématiques touchant au continent. Cela est certainement un plus dans la formation des jeunes africains que nous sommes, et nous permet, tout en étudiant en France, d’étudier par la même occasion les questions essentielles sur notre continent.

En 2015, vous étiez responsable de la Semaine Africaine à Sciences Po avec l’ASPA (Association de Sciences Po pour l’Afrique), quel en était le but ? Avez-vous eu écho favorable auprès des jeunes Africains de Paris mais aussi, des autres élèves européens de cette école ?

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L’Association de Sciences Po pour l’Afrique (ASPA) , créée en 2006 a pour but de promouvoir et faire rayonner l’Afrique au sein de l’institution. Mais aussi, d’être un lieu de d’échanges et de réflexions sur les problématiques touchant au continent, qu’elles soient économiques, sociales, politiques ou culturelles.

C’est dans cette optique que la Semaine Africaine a été mise en place. C’est un événement organisé une fois par an avec un thème principal autour duquel vont tourner plusieurs activités. En 2015 c’était « In AfricaWe Trust ». En éternelle optimiste, je voulais avec les autres membres véhiculer cet afroptimisme là. Pendant une semaine il y a donc eu des conférences, des discussions, des expositions, des défilés puis un Gala de clôture.

Il y a eu un écho favorable auprès des jeunes africains de Paris, car ce n’était pas la première édition, disons que la Semaine africaine est même attendue. En effet, l’Aspa est réputée pour attirer des personnalités (Abdoulaye Wade, Daniel Kablan Duncan, Adama Barrow, IBK…), grâce à cela l’association a su se faire un nom auprès des jeunes africains de Paris.Quant aux élèves non africains (car il y a aussi des américains, des asiatiques… à Sciences Po), l’Association tente de les attirer, et ils s’intéressent tout de même à nos activités. Ayant été Présidente de l’Association pour l’année 2015/2016 à Reims, nous avons su sur ce campus attirer à nos activités beaucoup de personnes, pas forcément africaines, mais intéressées par ce continent.

Vous êtes aussi Publication Manager pour la plateforme Civbusinesstimes.com, un site qui a pour but de promouvoir l’entreprenariat africain. Et récemment, vous avez créé l’organisation LeadHer. Qu’est-ce qui fait que vous êtes si engagée sur des projets qui concernent l’Afrique ?

Je suis africaine. Ce serait une réponse suffisante selon moi, mais je m’explique tout de même.

L’Afrique fait partie de moi. Je suis née en Afrique, en Côte d’Ivoire, j’y ai grandi, j’ai découvert mon continent dans sa diversité et sa complexité, avec ses qualités et ses défauts et j’en suis tombée amoureuse.

Pour moi, si nous jeunes africains ne nous engageons pas ainsi dans des projets concernant l’Afrique, personne ne le fera à notre place. Du moins, personne ne le fera aussi bien que nous. Nous devons œuvrer à faire rayonner notre continent et à mettre en avant son potentiel.

Les initiatives dans lesquelles je m’engage, telles que CIV Business Times me passionnent, car nous faisons la promotion de certaines valeurs que nous souhaitons inculquer aux personnes qui nous suivent. L’esprit de partage, c’est cela qui me motive. Le partage du savoir, de la motivation, l’entraide. J’aspire à être un jour, une leader (leadher comme j’aime l’écrire), c’est par tout cela que ça commence.

Hana Diarrassouba, quel est votre but dans la vie et vos projets pour l’Afrique ?

Mon but dans la vie est de voir l’Afrique fièrement atteindre le rang qu’elle mérite, et d’avoir participé à cela. Aussi, j’aimerai contribuer au WomenEmpowerment sur le continent, donc permettre aux femmes de prendre de plus en plus de place dans les entreprises et les instances décisionnelles. Que tout le monde se rende compte de leur poids, de leur pouvoir, de leur importance. Enfin, j’aimerai faire partie de la nouvelle génération, la nouvelle élite politique qui viendra apporter un renouveau à la gouvernance de nos États.

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Pour cela, j’ai plusieurs projets. Tout d’abord un projet professionnel qui est de devenir communicante et consultante politique. Puis un projet dans le WomenEmpowerment, que j’ai co-fondé,LeadHer qui est une organisation ayant pour but de donner à la jeune fille et à la femme sa véritable place dans le développement économique, politique, social et culturel de l’Afrique. LeadHer prône donc la vision d’une Afrique où les jeunes femmes responsables et entreprenantes participent à la construction de nations fortes. Plusieurs activités seront développées afin de mener à bien cette mission. Toutefois, notre but principal sera de permettre à de nombreuses filles d’aller à l’école ou de poursuivre des études supérieures grâce à notre programme de bourse. Enfin, j’ai d’autres projets, dans le domaine de l’éducation, que je développerai probablement avec le temps, avec l’aide de Dieu.

Aujourd’hui, je crois en ma capacité, en la capacité de chaque jeune africain, de contribuer au développement du pays, du continent. C’est notre rôle et nous devons avoir une vision qui mènera au changement.

 

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