Doit-on forcément être panafricain pour aimer l’Afrique?

Entre les indignations et les moqueries, les évènements autour du polémiste Kémi Seba qui se trouve maintenant au Bénin, ont relancé les questions sur le panafricanisme.

Qu’est-ce donc le panafricanisme ? Car tous les Africains ne se sentent pas panafricains. Et, faut-il être panafricain pour aimer l’Afrique ? Aussi, comment fait-on pour savoir qui est le bon panafricain ? En vrai, peu d’Africains sont capables de répondre correctement à ces questions. Tandis que les uns n’ont aucune idée de ce que c’est le panafricanisme, les autres le définissent comme la lutte pour l’émancipation africaine, contre ce fameux impérialisme français. Le problème est que cette définition ne trouve pas l’adhésion de tout le monde. Pour beaucoup, cette définition du panafricanisme appelle à la haine, au rejet de l’autre et surtout à l’éternelle victimisation des africains. Ils sont donc contre le panafricanisme. Mais est-ce à dire qu’ils sont contre l’Afrique ?

 

Comme si les radicaux n’étaient que des djihadistes

 

Si vous voulez comprendre pourquoi les africains ne sont pas solidaires, c’est simple, il vous suffit de participer à un débat panafricain. Ce moment qui doit être un moment d’échange se transforme bien souvent en cauchemar quand il y a contradiction d’idées.  Je vous donne un exemple. Lors d’un de ces débats, il était question comme d’habitude de la liberté de l’Afrique. Un d’entre nous appelait à une guerre ouverte contre la France. L’Afrique contre les français. Il fallait selon lui, que les Africains prennent les armes et qu’ils tuent sans hésiter tous les blancs et les traîtres qui ne sont que des marionnettes. « L’Afrique aux africains » disaient-ils. Ce qui était ridicule, est que ce dernier qui appelait à la guerre en Afrique, vivait paisiblement en Europe. « Diantre ! » m’insurgeais-je. Comment veut-il que l’on gagne une guerre contre la France ? Comment pense-t-il que nous pourrions rivaliser contre un pays qui à l’arme nucléaire ? Un pays dont les contingents de son armée sont postés dans des points stratégiques en Afrique ? Comment veut-il qu’en plus de mener une guerre contre nos frères qu’il appelle traîtres, nous fassions une guerre contre la France ? S’il était possible de gagner une guerre en étant désuni ne pensez-vous pas que l’Afrique serait déjà libre ?

Suis-je défaitiste en m’opposant à cette solution ? Je dirai que je suis réaliste mais je vous laisse juger. Cependant est-ce que cela fait de moi un ennemi de l’Afrique ? En tout cas, selon lui oui car je fus traité par ce dernier de « nègres de maison », de « valet nègre », d’esclaves et j’en passe. Des termes qui sont bien souvent employés par Kemi Seba. Et certains s’étonnent qu’il ne fasse pas l’unanimité chez les amoureux de l’Afrique. Quoiqu’il en soit, c’est malheureusement cette manie qu’ont ces radicaux de tomber dans l’injure et dans l’invective gratuite qui rend difficile la solidarité africaine.

 

Fais ce que je dis, ne t’en fais pas de ce que je fais

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Cela dit, on peut se plaindre de la radicalité des propos de Kemi Seba, mais son amour pour l’Afrique et sa foi dans son combat, notre combat, ne sont pas à démontrer. Pourquoi ? Parce que Kemi a pris le courage de quitter la France pour s’installer en Afrique. Combien ont eu le courage de le faire ? Dans ces mêmes débats panafricains dont j’ai parlé plus haut, ceux qui appellent le plus souvent à la guerre sont généralement en Europe, loin de la misère et des dangers d’une telle action. Cachés derrière leurs écrans d’ordinateurs, ils prônent la guerre et la révolte, mettant de l’huile sur le feu à chaque fois qu’ils en ont l’occasion.

Observez bien ce qui se passe notamment en France. Des africains manifestent souvent devant les ambassades de leurs pays ou sur la place Trocadéro demandant le départ du président-dictateur de leur pays d’origine. Ensuite, ils prennent des photos, les postent sur les réseaux sociaux et demandent à leurs compatriotes restés au pays de faire pareil. La différence est qu’en France, cela se passe dans le calme et sans danger mais tout le monde sait comment se terminent généralement les manifestations publiques en Afrique.

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Attention, je ne critique pas les mobilisations de la diaspora africaine. Elles ont ce but d’ouvrir les yeux de nos frères européens et d’orienter l’opinion publique européenne sur des problématiques africaines. C’est de la politique. Ce que je demande par contre c’est que ces radicaux assoiffés de sang qui font partie de la diaspora, prennent leur courage à deux mains et prennent les premiers rangs de la révolution qu’ils demandent à leurs compatriotes de faire chez eux en Afrique. D’ailleurs que font-ils en France alors qu’ils soutiennent mordicus ne pas l’aimer ? Quoi ? Ils y restent pour le remboursement de la dette coloniale ? La bonne blague !

Mon peuple se meurt faute d’ignorance…

En vrai, le panafricanisme, qui trouve ses origines au 18e siècle, est une idée politique et un mouvement qui promet et encourage la pratique de la solidarité entre les Africains où qu’ils soient dans le monde. Le terme à retenir est « solidarité », non pas « nègre de maison » ou des injures de ce genre. Cette définition du panafricanisme rejette la haine. Et si l’on se réfère à elle, alors personne n’est panafricain car aucun africain n’est solidaire à un autre. Surtout pas nos frères radicaux qui refusent de comprendre qu’on peut défendre la même cause, avoir le même combat et pourtant être totalement en désaccord avec les méthodes choisies et employées. On peut être contre le CFA et aussi être contre l’action de Kemi Seba. On peut être contre les actions de la France en Afrique et ne pas souhaiter la guerre avec elle. On peut être contre l’impérialisme pratiqué par le gouvernement français et aimer le peuple français.

Nous avons besoin de solidarité, c’est cela qui nous manque.  Quand ce panafricain nous demande de tuer tous ceux qui pour lui sont des traîtres, est-ce que vous savez ce que cela implique ? Je prends le cas de la Côte d’Ivoire. Les pro-Gbagbo affirmaient en 2010 qu’Alassane Ouattara est un préfet de la France. Cependant, 50% environ de la population ivoirienne soit environ dix millions de personnes soutenaient ce dernier. Il aurait donc fallu tuer autant de personnes pour la « libération » de la Côte d’Ivoire ?

Occulté par la haine de la France, l’on oublie souvent que le véritable combat n’est pas politique. Ce combat nous l’avons gagné dans les années 60 ou du moins, nous avons gagné une bataille. Le réel combat est économique.  Donc encore une fois, à ces « Haters » de la France qui y vivent pourtant, vous êtes en train de participer à la vie économique de ce pays que vous détestez tant, délaissant la santé économique de votre propre pays. Je vous invite à être cohérent avec votre combat et de rentrer chez vous. Et sachez que vous n’avez pas le monopole de l’amour pour l’Afrique

 

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