Gabon: un espoir qui dépend de la mort? Entretien avec Grégory Tankes

Nous avons tous appris l’état de santé du président Gabonais, Ali Bongo. Entre suspicion de sa mort et rétablissement dans un hôpital prestigieux au Maroc, les rumeurs vont bon train.

Le premier ministre Issoze Ngondet parle de « non événement », quand la lettre du continent elle, révèle une situation beaucoup plus inquiétante que tente de dissimuler le gouvernement et la famille Bongo.

Sur les réseaux sociaux, les gabonais semblent plus divisés que jamais; pour, on se le rappelle, aller même jusqu’à une dispute en pleine messe dans une église en Europe.

Depuis ces évènements Jean Ping qui s’était muré dans un silence a choisi d’en sortir et nous avons pris contact avec Gregory Tankes, activiste politique au sein de la diaspora gabonaise en France, soutien de Jean Ping, pour savoir ce que pense l’opposition de cette histoire.

 

 

Depuis un certains temps, nous avions observé l’absence de Jean Ping de la scène politique, qui se traduisait par un silence assourdissant. Qu’est ce qui a changé depuis l’annonce de l’accident cardio-vasculaire d’Ali Bongo ?

GT : En se basant simplement sur l’actualité du moment, je pense qu’il nous faut signaler que l’usurpation de responsabilité ne paye pas au Gabon.

Ali Bongo étant officiellement frappé par un AVC  selon la lettre du continent, le Gabon se trouve dans une situation inédite… la vacance du Pouvoir et comme c’est souvent le cas dans les pays peu démocratiques, il semblerait que certains proches de ce dernier s’activent en coulisse pour le verrouillage du pouvoir et l’emprisonnement de la démocratie ad vitam aeternam.

Jean Ping, le président élu par le peuple gabonais en le 27 août 2016, après mûre réflexion a estimé qu’il était de sa responsabilité de rompre son silence, afin de rappeler à tous, la responsabilité qui est la sienne, face au Gabon qui se meurt, mais aussi pour rassurer l’ensemble des acteurs politiques du Gabon, rappelant ainsi qu’avant toutes choses, nous sommes tous enfants du « Gabon éternel » dont parle Georges Damas Aleka dans notre hymne national.

Il en a profité pour les inviter à procéder à une passation des pouvoirs, que réclame le peuple depuis la dernière élection présidentielle d’août 2016, qui hélas n’est toujours pas derrière nous.

Dans son intervention le président Ping, précise que sa démarche ne s’inscrit pas dans une logique revancharde, mais plutôt pour la construction du Gabon et la consolidation du « bien vivre ensemble ».

Aussi par cette intervention, il donne un nouveau cap, ce qui prouve sa bonne foi.

D’ailleurs, nous sommes convaincus que le moment venu, il insufflera une nouvelle énergie pour la construction de la nouvelle république ou le peuple ne sera plus la victime des gens pour lesquels il vote, ni-même de ses institutions.

Puis que nous parlons de Jean Ping, ou en est la fameuse  » résistance » dont il est le promoteur ? Pendant des mois, nous avons pu observer ici et là, des luttes de pouvoirs, parfois même ethnique que pouvez-vous nous dire ?

GT : Je dirai simplement que comme toute création humaine est imparfaite et d’ailleurs même à l’image des Hommes, nous avons effectivement dû faire face à des tempêtes bien souvent créées et organisées par les ennemis du président et du peuple dont les parents et sympathisants sont dans nos rangs. Le véritable problème c’est la double ambition de certains de nos compatriotes et ce n’est pas difficile de les démasquer rassurez vous. Mais fort heureusement, comme dit le peuple gabonais acquis à Jean Ping : « JEAN PING, C’EST DOSÉ ! » (rire).

 

Plus sérieusement, qu’est ce que la diaspora peut apporter aujourd’hui de concret pour le changement et la transition démocratique en faveur de Jean Ping ?

GT : je tiens d’abord à rectifier une petite chose qui me semble avoir une grande importance. La transition démocratique ne se fera pas en faveur du Président Jean Ping comme vous le dite, mais plutôt en faveur du Gabon et de ses enfants, car Jean Ping est le choix du peuple, VOX POPULI, VOX DEI.

De plus ne nous leurrons pas, la diaspora joue essentiellement un rôle de haut parleur vis à vis de l’occident et de ses institutions, par rapport à ce que nos compatriotes subissent au Gabon. Donc elle fait sa part en restant sur la ligne choisie par le peuple et finalement le Président Ping lui-même.

Par contre, il est de la responsabilité des organes associatifs, de la société civile et des parti politiques sur place de prendre le relai, afin d’éveiller les consciences endormies, éduquer les populations et si besoin même, de les emmener au soulèvement.

C’est à eux de créer la dynamique qui injectera, une contradiction forte dans l’esprit des gabonais.

D’autre part, je ne nierai pas, qu’il est aussi de notre devoir après plus de 2 ans de résistance, de faire une analyse circonstanciée avec pour perspective la prise de pouvoir.

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La perspective de prendre le pouvoir est elle encore crédible ?

GT : Pourquoi ne le serait-elle pas ? Serait-elle moins crédible qu’un coup d’état constitutionnel ou qu’un coup de force de l’armée, vu que le contentieux électoral de 2016 n’est pas encore terminé, car si c’était le cas, nous ne ferions pas cette interview.

 

Vous qui avez voté et soutenu Jean Ping, pensez-vous qu’à l’heure actuelle les conditions d’une stricte application de la constitution sont réunies ?

GT : Personnellement, je ne le pense pas. Voyez-vous comme je le disais lors d’un rendez-vous précédent, l’application aurait dû se faire naturellement au sortir de la victoire éclatante du Président élu Jean Ping en 2016, mais hélas, nos adversaires ne l’on pas entendu de cette oreille et on opté pour l’assassinat des militants, puis le hold-up du pouvoir. Alors pourquoi devrions-nous accepter une application stricte de la constitution à géométrie variable ?

 

La diaspora peut elle être un élément déclencheur du soulèvement populaire ?

GT : Sur ce point mon opinion est mitigée. L’impact de la diaspora au Gabon est virtuel, par rapport aux populations sur place qui elles, sont factuelles. Donc, je reste dubitatif.

 

Nous pouvons voir ici et là dans les réseaux sociaux que Jean Ping n’est pas un homme fort, qu’en pensez-vous ?

GT : En êtes vous convaincu ? De plus, tout dépend de ce que l’on entend par fort.

Jean Ping est un diplomate, par conséquent c’est un homme qui croit plus au pouvoir des idées qu’au fusil. D’ailleurs tout le monde sait qu’il n’est pas d’une nature violente.

Il faut souligner également que quand on a son expérience de la politique nationale et internationale, quand on connaît la politique Américaine, Européenne et Africaine et surtout quand on connaît les tenants et les aboutissants des nombreux conflits qui rongent notre continent et qui s’enlisent, pensez–vous, que tomber dans le trou que nous voyons tous est une preuve de force ou d’intelligence ?

A contrario, quand je pense aux énormes pressions que Jean Ping doit subir, de l’occident, des autres chefs d’États Africains, du gouvernement illégitime gabonais et du peuple, je reste définitivement convaincu que c’est un homme très fort.

 

Merci M. Tankes de nous avoir accordé ce temps.

 

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